Transhumance

8 mai 2015 Commentaires fermés sur Transhumance

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Michel Lambiotte (1921-2013)

9 mars 2013 Commentaires fermés sur Michel Lambiotte (1921-2013)

 

Michel Lambiotte est décédé le 6 mars dernier, à l’âge de 91 ans. Il avait publié, au cours des vingt dernières années, plusieurs livres de poésie, notamment au Cormier, ainsi qu’au Taillis Pré et aux éditions La Porte. Itinéraire singulier que celui de ce poète, très tôt révélé au début des années 1950 par trois suites poétiques qui ont alors retenu l’attention du fondateur de notre maison d’édition, Fernand Verhesen. Ce dernier ne sera pas le seul à discerner dans cette œuvre poétique, en ses toutes premières manifestations, les indices d’une poésie dont l’énergie éruptive ne laisse aucun doute sur sa force d’ébranlement de la langue au cœur de l’expérience de la vie. Depuis ses tout débuts jusque dans ses tout derniers textes, Michel Lambiotte aura résisté à quelque convention poétique que ce soit. L’intégrité de ses impulsions erratiques, celle de sa recherche obstinée du plus sensible de la réalité, le portera aussi bien vers le monde que vers l’autre, le « semblable », le « frère ». René Char sera tôt alerté par cette poésie et une correspondance s’ensuivra, qui désigne des affinités souterraines offertes en partage. Verhesen comme Char n’hésiteront pas un instant à soutenir cette œuvre aussi singulière que personnelle si concrètement inscrite dans une expérience de la vie et de la parole, au cœur desquelles la mémoire intime comme mémoire nouvelle aura joué un rôle décisif dans ce qu’il désignait sous le vers suivant : le secret refuge au commencement de la quête. Fort réservé à l’endroit d’un milieu littéraire qui déjà se refermait sur les facilités du genre comme en ses cercles de complaisance, il se taira pendant près de quarante ans. Il ne cessera toutefois d’écrire durant toutes ces années, alors qu’il est haut fonctionnaire et conseiller politique sur bien des dossiers d’une époque portée par les principes de l’État providence alors en développement. La poésie devait le rattraper, si ce n’est qu’elle ne l’avait jamais quitté. Et il ne cessera d’écrire jusqu’à la fin, donnant une œuvre non pas tant abondante, comme quelques-uns se plaisent à le répéter, mais bien une œuvre dense, farouche, sans concessions, à l’égal de son caractère, celui d’un homme de conviction, dénué toutefois de l’arrogance des certitudes qui accompagne trop souvent les convictions de beaucoup de nos contemporains. La force de cette poésie se révèle dans cette exigence qu’il demandait à lui-même de toujours renouveler une parole qui, plongée dans l’obscur, se voulait éclairante dans son surgissement au centre de ce qu’il aura plusieurs fois désigné sous diverses formes expressives l’absolu du vide.

Pierre-Yves Soucy

Sur Michel Lambiotte, on lira aussi deux remarquables articles de Christophe Van Rossom, Éloge du seul et L’autre côté de la lumière.

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